Brrchiid[1]pour des
populations du Maroc, reste synonyme de « lieu d’enfermement
psychiatrique ».
Cela
renvoie au colonialisme français.
En
effet, sur la route de Mrraakch,[2] à une
quarantaine de kilomètres de ddaar bidaa[3], au lieu-dit
Brrchiid, un bourg agricole, le colonialisme français avait installé le
« célèbre hôpital neuropsychiatrique ».
Des
populations du Maroc disent, aujourd’hui encore, de quelqu’un qui
« déraisonne », « khssou brrchiide ».[4]
Dans
ce « célèbre hôpital neuropsychiatrique », le colonialisme français
avait réservé une partie des locaux aux indigènes.[5]
Une
sorte d’étable avec des cellules où l’on n’aurait pas mis même des bêtes
maltraitées.
Les
indigènes, nus, étaient enfermés, entassés sur la paille où ils dormaient,
faisaient leurs besoins[6] et
tentaient de survivre, lorsqu’ils arrivaient à récupérer ce que des
« infirmiers » leur jetaient comme « nourriture ».
Certains
mouraient de faim.[7]
Ce
bagne[8] de
l’horreur, faisait partie des moyens utilisés par le colonialisme français dans
ses rapports avec les indigènes qui ont été, malgré une fabuleuse résistance,
victimes de haines, de crimes, de massacres, de tueries, de destructions, de
viols, de tortures, d’humiliations, de répressions et autres atrocités.[9]
Lorsque
j’ai décidé de quitter le Maroc, des personnes avaient dit : « khssou
Brrchiide ».[10]
BOUAZZA
[1] Berrechid, le ʺrʺ roulé.
[2] Le ʺrʺ roulé, Marrakech.
[3] le ʺrʺ roulé, la maison blanche, Casablanca.
[4] Il lui faut Brrchiid.
[5] Les
populations colonisées.
[6]
Pissaient et chiaient.
[7] Les
faits de ce genre sont toujours niés par les ʺcivilisateursʺ.
[8] En matière
de lieux d’enfermement, de prisons, de bagnes et autres horreurs, la France s’y
connaît et bat des records.
En
métropole, jusqu’à une date récente, même les enfants étaient envoyés aux
bagnes.
Le
pays des ʺDroits de l’Hommeʺ est celui de leur négation dans de multiples
domaines.
Et
cela continue.
[9] Des atrocités qui ne leur étaient pas inconnues avant
le colonialisme et dont elles ne se sont pas débarrassées avec ʺl’indépendance
dans l’interdépendanceʺ.
ʺL’indépendance
dans l’interdépendanceʺ : statut octroyé par le système
colonialo-impérialo-sioniste et qui se traduit par la multiplication des
"États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de
soumission et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres
employeurs.
Ces
"États",dont certains ne sont pas issus des colonies, mais sont
cependant au service des métropoles, sont fondés sur l’imposture, le crime, la
trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche,
le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la
torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
[10] Je
ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé.
Voir :

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire