mercredi 27 août 2014

« KHSSOU BRRCHIIDE »


Brrchiid[1]pour des populations du Maroc, reste synonyme de « lieu d’enfermement psychiatrique ».
Cela renvoie au colonialisme français.
En effet, sur la route de Mrraakch,[2] à une quarantaine de kilomètres de ddaar bidaa[3], au lieu-dit Brrchiid, un bourg agricole, le colonialisme français avait installé le « célèbre hôpital neuropsychiatrique ».
Des populations du Maroc disent, aujourd’hui encore, de quelqu’un qui « déraisonne », « khssou brrchiide ».[4]
Dans ce « célèbre hôpital neuropsychiatrique », le colonialisme français avait réservé une partie des locaux aux indigènes.[5]
Une sorte d’étable avec des cellules où l’on n’aurait pas mis même des bêtes maltraitées.
Les indigènes, nus, étaient enfermés, entassés sur la paille où ils dormaient, faisaient leurs besoins[6] et tentaient de survivre, lorsqu’ils arrivaient à récupérer ce que des « infirmiers » leur jetaient comme « nourriture ».
Certains mouraient de faim.[7]
Ce bagne[8] de l’horreur, faisait partie des moyens utilisés par le colonialisme français dans ses rapports avec les indigènes qui ont été, malgré une fabuleuse résistance, victimes de haines, de crimes, de massacres, de tueries, de destructions, de viols, de tortures, d’humiliations, de répressions et autres atrocités.[9]
Lorsque j’ai décidé de quitter le Maroc, des personnes avaient dit : « khssou Brrchiide ».[10]
  
BOUAZZA



[1] Berrechid, le ʺrʺ roulé.
[2] Le ʺrʺ roulé, Marrakech.
[3]  le ʺrʺ roulé, la maison blanche, Casablanca.
[4] Il lui faut Brrchiid.
[5] Les populations colonisées.
[6] Pissaient et chiaient.
[7] Les faits de ce genre sont toujours niés par les ʺcivilisateursʺ.
[8] En matière de lieux d’enfermement, de prisons, de bagnes et autres horreurs, la France s’y connaît et bat des records.
En métropole, jusqu’à une date récente, même les enfants étaient envoyés aux bagnes.
Le pays des ʺDroits de l’Hommeʺ est celui de leur négation dans de multiples domaines.
Et cela continue.
[9] Des atrocités qui ne leur étaient pas inconnues avant le colonialisme et dont elles ne se sont pas débarrassées avec ʺl’indépendance dans l’interdépendanceʺ.
ʺL’indépendance dans l’interdépendanceʺ : statut octroyé par le système colonialo-impérialo-sioniste et qui se traduit par la multiplication des "États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres employeurs.
Ces "États",dont certains ne sont pas issus des colonies, mais sont cependant au service des métropoles, sont fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire