« Et
ne dites pas de ceux qui sont tués dans le chemin d’Allaah[1]
qu’ils sont morts. Ils sont plutôt vivants, mais vous ne le sentez
point ».[2]
jeudi 21 août 2014
mercredi 20 août 2014
LE PAPA ET LE FISTON
Le
papa, dans le cadre de « l’indépendance dans l’interdépendance »[1] du
Maroc, comme ailleurs en Afrique, a été installé à la « tête » de
« l’État » par le système colonialo-impérialo-sioniste, afin de
maintenir et de poursuivre l’oppression et le pillage.
Le
fiston, agrée par les employeurs, a hérité du pays après la disparition du
papa, pour continuer, comme le papa, à amasser tout ce qui est « amassable ».
De
quoi nourrir toutes les populations du pays pendant un certain temps.
Mais
ce n’est pas pour ces populations opprimées et pillées, qui doivent au
contraire, lui permettre d’opprimer et de piller encore.
Avec
le magot de l’héritage, la fortune du fiston est supérieure, en milliards de
dollars, à celle laissée par le papa.
Des
banques en Europe, aux USA et dans d’autres lieux, débordent des dépôts de
pillages, entachés du sang des victimes, des populations opprimées et pillées.
Une
« tradition » des « États » d’Afrique et des
« États » dits « arabo-musulmans » en Afrique et ailleurs.
Le
fiston ne voit pas pourquoi certains « jaloux » lui en veulent, alors
qu’il n’a fait que suivre les traces du papa, dans l’esprit de « la
tradition ».
C’est
« sacré », non ?
Et
le fiston ─ comme le papa ─ respecte ce « sacré ».
D’ailleurs
il est, comme le papa, « musul-man ».
C’est
dire son profond « res-pet » [2]
BOUAZZA
Et ne
crois pas qu’Allaah soit inattentif à ce que font les injustes. Il ne fait que
les retarder pour un jour où les regards se figeront.
Alqoraane (Le Coran), sourate 14 (chapitre 14),
Ibraahiime (le "r" roulé), Abraham, aayate 42 (verset 42).
[1]
Statut octroyé par le système colonialo-impérialo-sioniste, et qui s’est
traduit dans les colonies par la multiplication des "États"
supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission et de
servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres employeurs.
Ces
"États" sont fondés sur
l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice,
la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression,
l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement, la négation de
l’être humain.
Au
Maroc, colonie française dite ″protectorat″, le système
colonialo-impérialo-sioniste a transformé le sultanat moribond en monarchie héréditaire,
dite de "droit divin".
Le
sultan, protégé est alors devenu roi au service de ce système.
mardi 19 août 2014
« LES FONDAMENTAUX »
─ Les
fondamentaux, ceux des pays civilisés, constituent un patrimoine qu’il nous
incombe de sauvegarder, de maintenir, de répandre et de défendre contre l’ennemi
de la civilisation.
Tout
le monde connaît cet ennemi et il n’est donc pas nécessaire de préciser plus.[3]
BOUAZZA
lundi 18 août 2014
CHACUN Á SA MANIÈRE
Nous vieillissons, chacun à sa manière.
Au crépuscule de notre existence, nous continuons notre
parcours dans l’impermanence d’ici-bas, vers la permanence de l’au-delà.
Tu
n’ignores pas ce qui compte du parcours qui a été le mien jusqu’à présent.
Je m’étais égaré.
J’ai erré.
Des saisons s’étaient consumées.
Des récoltes avaient succédé à
d’autres récoltes.
Miséricorde.[1]
L’eau se répand.
Les
plantes sortent de terre.[2]
Sont-ils
égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?
Observer les Signes.[3]
Lire
le temps et l’espace.
Sont-ils
égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?
Recevoir.
Transmettre.
Sont-ils
égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?
Se rappeler
de l’engagement.[4]
Reconnaissance.
Sont-ils
égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?
Voir
les mots qui se mettent en mouvement.
Qui
font voler en éclats les illusions.
Gomment
les chimères.
Regagnent
le cœur.
Se diffusent
dans tout l’être.
S’abreuver
à la Source.
Saisir
le Sens.
Renforcer
le Lien.
Aimer
à retrouver la raison.
« Par
le soleil et par sa clarté.
Par
la lune quand elle le suit.
Par
le jour quand il l’éclaire.
Par
la nuit quand elle l’enveloppe.
Par
le ciel et par Celui qui l’a construit.
Par
la terre et par Celui qui l’a étendue.
Par
l’âme et par Celui qui l’a harmonieusement façonnée.
Et
lui a inspiré son immoralité et sa piété.
A
réussi celui qui l’a purifiée.
Et a
perdu celui qui l’a corrompue ».[5]
Être
à l’écoute : se remémorer, chercher, s’interroger, réfléchir, voir,
analyser, raisonner, comprendre, élaborer, croire, aimer, partager, soutenir,
accomplir, être reconnaissant, apprendre, réapprendre, se repentir,
s’améliorer, choisir, agir, lutter, combattre, construire, garder confiance,
témoigner, transmettre, devenir meilleur, agir,
résister et autres.
L’écoute
qui se nourrit du Message d’Allaah.
Humilité.
Modestie.
Conviction.
Fermeté.
Détermination.
Des
mots s’associent
Des
souvenirs s’assemblent.
Des
idées se rassemblent.
« Nous[6] avons
créé l’être humain d’un choix d’argile. Puis Nous en fîmes un peu de liquide[7] dans un
lieu sûr. Puis Nous avons fait du liquide une adhérence, puis de l’adhérence un
morceau de chair, puis du morceau de chair Nous avons créé des os, et avons
revêtu les os de chair, puis Nous en fîmes une autre créature. Béni soit
Allaah, Le Meilleur des Créateurs. Puis après cela vous êtes appelés à mourir.
Puis le jour de la résurrection vous serez ressuscités ».[8]
Flots
de pensées.
Averses
d’images.
Afflux
de sensations.
Que
dire de ce qui s’en va et comment parler de ce qui demeure ?
Que
dire de ce qui cesse et comment parler de ce qui commence ?
Que
dire de ce qui a été et comment parler de ce qui sera ?
« Ô
humains ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et avons fait
de vous des peuples et des tribus[9] afin que
vous vous entreconnaissiez.[10] Le plus
noble[11] d’entre
vous auprès d’Allaah est le plus pieux ».[12]
Il
était une fois, deux croyants qui faisaient du commerce.
Ils
sont arrivés dans un lieu où les hommes et les femmes ne connaissaient pas lIslaam.
L’image,
donnée par ces deux croyants a poussé des hommes et des femmes, de plus en plus
nombreux, à chercher la compagnie de ces commerçants pour savoir comment ils
font pour avoir des comportements exemplaires : droiture, franchise,
intégrité, honnêteté, fidélité, équité, rigueur, humilité, modestie, dignité,
endurance,[13]
audace, piété et autres.
Ils
ont alors appris que c’est l’éthique de l’Islaam[14] et ont
décidé de faire ce qu’ils peuvent pour l’acquérir.
En me remémorant, il m’arrive de pleurer.
Il a été rapporté qu’il y a
plusieurs siècles à Almadiina,[15]
‘Omar Ibn Alkhattaab[16]
qu’Allaah le bénisse, chef de l’État des croyants et des croyantes,[17]
pleurait en regardant une personne absorbée dans des actes dits de dévotion,
qui n’avaient rien à voir avec les prescriptions de l’Islaam.
Des compagnons souhaitant faire
cesser ses larmes, s’étaient empressés de lui faire remarquer que la personne
n’était pas musulmane.
‘Omar qu’Allaah le bénisse, a
répondu que c’était pour cette raison qu’il pleurait, expliquant que les œuvres
d’une personne qui n’Adore pas Allaah l’Unique, comme Allaah le demande,
sont des œuvres vaines.
Ces « larmes sont-elles des perles de la pensée,
comme la rosée après une nuit noire : l’ultime de ce qu’un homme a pu
ressentir et penser et que sa plume n’a pas pu traduire en mots ? »[18]
J’aimerais
tant faire marche arrière pour refaire autrement certaines choses.
J’aimerais
tant faire ce qui me vient d’avant que je ne sois.
J’aimerais
tant que mes larmes, comme l’eau qui s’infiltre dans la terre pour la désaltérer
et désaltérer les plantes, irriguent encore et encore les graines pour que
germent les fleurs de mon cœur.
J’aimerais
tant faire entendre le murmure de l’eau qui rappelle que nous sommes à Allaah
et à Lui nous retournons.[19]
« Ô
être humain ! Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, Le
Généreux ? »[20]
Je
fais de mon mieux pour poursuivre ma marche au rythme de laa Ilaah illaa
Allaah, Mohammad Raçoul[21] Allaah.[22]
« Avec
des os qui fléchissent en moi et une tête allumée de blancheur, j’avance à petits
pas vers un petit jardin, un petit sac en plastique à la main avec des petits
morceaux de pain, pour servir à manger à des pigeons.
Les
pigeons m’entourent et au bout d’un moment, partent dans un envol majestueux et
reviennent tournoyer au dessus de ma tête ».
Je
les fixe et mon rictus devient un sourire, puis un rire qui se confond avec le
claquement des ailes et me rappelle les vagues de la mer ».[23]
La
marche continue.
« La louange est à Allaah Seigneur des cieux et
seigneur de la terre, Seigneur des univers ».[24]
Je l’invoque pour qu’Il m’accueille, Demain, parmi les
heureux.
« Ô âme sereine. Retourne à ton Seigneur satisfaite et
donnant satisfaction.[25] Entre
parmi Mes serviteurs. Et entre dans Mon Paradis ».[26]
BOUAZZA
[1] Rahma (le ʺrʺ roulé).
[2] ʺIl
fait sortir le vivant du mort et Il fait sortir le mort du vivant et fait
revivre la terre après sa mort. Et c’est ainsi que vous serez ressuscitésʺ.
[2] Alqoraane
(Le Coran), sourate 30 (chapitre 30), Arroume (ʺrʺ roulé), aayate 19 (verset
19).
[3] Aayaate.
[4] ″Et lorsque ton Seigneur tira des reins des fils
d’Aadame leur progéniture et les fit témoigner contre eux-mêmes : ″Ne suis-Je pas votre Seigneur ?″ Ils dirent : ″Si, nous en
témoignons″
Alqoraane
(Le Coran), sourate 7 (chapitre 7), sourate Ala’raaf, L’Enceinte du Paradis,
Les Limbes, aayate 172 (verset 172).
″Il s’agit du fameux pacte pris par Allaah sur la race
humaine dès sa création. C’est un acte de foi et d’allégeance selon lequel les
enfants d’Adam sur lui la bénédiction et la paix, reconnaissent et attestent
qu’Allaah est leur Seigneur-et-Maître en exclusivité et sans restriction
aucune.
Donc chaque être humain est lié à sa naissance par ce
pacte et s’il renie son Seigneur-et-Maître ou Lui donne quelque associé, il a
manqué à son engagement et commis la plus grosse injustice″.
Salaah
Addine Kachriid (Salah Eddine Kechrid), traduction du Qoraane (Coran),
Loubnane (Liban), Bayroute (Beyrouth), éditions Daar Algharb Alislaami,
cinquième édition, 1410 (1990), première édition, 1404 (1984), Note en bas de
la page 221.
[5]
Alqoraane (Le Coran), sourate 91 (chapitre 91), Achchamç, Le Soleil, aayate 1 à
aayate 10 (verset 1 au verset 10).
[6] Allaah.
[7]
Goutte de sperme.
[8]
Alqoraane (le Coran), sourate 23 (chapitre 23), Almouminoune, Les Croyants,
aayate 12 à aayate 16 (verset 12 au verset 16).
[9]
Qabaail.
[11]
Généreux.
[12]
Alqoraane (le Coran), sourate 49 (chapitre 49), Alhojoraate (le "r"
roulé), Les chambres, aayate13 (verset13).
[14] L’Islaam, depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction
et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah
le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de
clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de
pays, de nationalité, d’Etat.
Les représentations, les fantasmes, les mythes et tout
ce qui en découle, ne peuvent jamais anéantir cette Vérité.
Aujourd’hui, et depuis des lustres, l’État des croyants et
des croyantes (almouminoune wa almouminaate) n’existe plus, nulle part.
Les
″États″ qui prétendent l’être sont fondés sur l’imposture, le crime, la
trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche,
le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la
torture, l’enfermement et autres.
L’Islaam les dénonce, les rejette, les condamne, les
combat.
L’État
des croyants et des croyantes n’existe plus, nulle part, mais les membres de la
communauté (alomma, la matrie) des croyants et des croyantes sont partout et
seront partout, par la miséricorde d’Allaah, jusqu’à la fin de l’existence
ici-bas.
[15]
Médine, en Arabie (autrefois Yathrib).
[16] Compagnon de Mohammad, l’ultime Prophète et Messager sur
lui la bénédiction et la paix.
Lorsque,
à la mort d’Abou Bakr Assiddiiq, la désignation de ‘Omar Ibn Alkhattaab pour
lui succéder à la tête de l’État a eu
lieu, ‘Omar Ibn Alkhattab, tout en acceptant de servir et d’assumer ses
responsabilités, n’a pas manqué de s’interroger sur la politique à suivre afin
d’assurer au mieux sa fonction dans le respect du Message d’Allaah et des
enseignements de Mohammad, l’ultime Prophète et Messager sur lui la bénédiction
et la paix.
Il
a exprimé en public sa crainte devant cette lourde tâche et sa peur de faillir
à son devoir vis à vis des croyants et des croyantes.
Dans
l’assistance, des personnes l’ont rassuré et lui ont fait savoir que tout
manquement à sa mission serait combattu, au besoin par les armes.
Après les avoir écoutés, ‘Omar a remercié Allaah qui a fait
de lui un membre de cette prodigieuse Omma d’Alqoraane et d’Assonna (du Coran
et de la pratique de l’ultime Prophète et Messager, Mohammad sur lui la
bénédiction et la paix, chargé par Allaah de continuer et de finir la mission
confiée aux Prophètes et aux Messagers précédents, sur eux la bénédiction et la
paix).
Après
Abou Bakr Assidiiq et‘Omar Ibn Alkhattaab, il y a eu ‘Othmaane Ibn ‘Affaane et
‘Aliyy Ibn Abii Taalib (‘Ali).
Ce
sont les quatre chefs de l’État des croyants et des croyantes, dits ″alkholafaa-e arraachidoune″ (les successeurs bien guidés).
Ils
étaient des compagnons de Mohammad, l’ultime prophète et Messager sur lui la
bénédiction et la paix.
[17] Almouminoune wa almouminaate.
[18] Driss Chraïbi (Driis
chraaïbii), l’Homme du Livre, Balland-Eddif (Eddif, Maroc, 1994,
Balland, France, 1995), p. 85.
[19]
Alqoraane (Le Coran), sourate 2 (chapitre 2), Albaqara, La Vache, aayate 155 et
aayate 156 (verset 155 et verset 156).
[20] Alqoraane (Le Coran), sourate 82 (chapitre
82), Alinefitaar ((Le ″r″
roulé), La Fissuration, aayate 6 (verset 6).
[22] Il n’y a de Divinité
qu’Allaah, Mohammad est le Messager d’Allaah.
Mohammad est l’ultime Prophète et Messager sur lui la
bénédiction et la paix.
[23] Lignes composées en 1992,
selon le calendrier dit grégorien.
[24] Alqoraane (Le Coran), sourate 46 (chapitre 46),
Aljaathiya, L’Agenouillée, aayate 36, (verset 36).
[26]
Alqoraane (Le Coran), sourate 89 (chapitre 89), Alfajr (le ″r″
roulé), L’Aube, aayate 27 à aayate 30 (verset 27 au verset 30).
Je
ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé.
Voir :
dimanche 17 août 2014
TU AS LES CHEVEUX BLANCS ?
Nous
nous sommes connus à l’Université, en 1970[1] je
crois.
Lui
est arrivé en France avant moi.
Il
venait du Sénégal où sa famille, d’origine du Liban, fait du commerce.
Moi
j’arrivais du Maroc, où mon père était « haut fonctionnaire ».
Avec
d’autres étudiants et étudiantes, nous militions contre la colonisation de
peuplement sioniste en Palestine.
Il a
épousé une étudiante rencontrée dans ce cadre.
Je
me suis marié avec une étudiante connue à cette époque.
Le
couple a très vite eu un garçon.
Comme
notre couple un peu plus tard.
Nous
étions très liés.
Notre
relation n’a pas été affectée par le fait que je m’installe avec mon épouse en
région parisienne pendant quelques années, loin de la ville de notre rencontre,
ni par notre départ par la suite au Maroc où nous sommes restés quatre ans.
Á
notre retour du Maroc en 1981 et avant de retrouver la région parisienne, lieu
de notre installation de nouveau, nous nous sommes rendus, avec nos deux fils,
chez notre couple d’amis, parents de deux enfants également, un fils et une
fille.
Et
nous voilà « repartis comme avant ».
En
dépit de la distance, nous avons maintenus les rapports.
Les
enfants grandissaient et se retrouvaient avec joie.
Des
périodes ont succédé à d’autres périodes et un jour, nous avons appris que le
fils de nos amis a des problèmes et que la famille traverse une mauvaise passe.
Nous
pensions que tout finirait par s’arranger et que nos relations allaient
continuer.
Mais
la situation a évolué autrement.
En
fait, nous n’étions pas en possession des éléments pour pouvoir faire des
évaluations.
Nous
avons rendu visite à nos amis durant l’été 1992, sans nos enfants qui étaient
parmi la famille au Maroc, et nous avons senti une certaine distance qui s’est
traduite, après notre retour, par une rupture.
Une
rupture décidée par nos amis et dont les raisons ne nous ont jamais été
données.
Nous
n’avons pas vu le fils en 1992 et nous n’avons plus revu personne depuis.
Que
s’est-il réellement passé ?
Le
saurons-nous un jour ?
Á la
fin du mois de juillet 2014, notre fils aîné et son épouse qui, dans le cadre
professionnel, vont s’installer dans la ville où nous avons connu nos amis, se
sont rendus pour deux jours dans cette ville afin de se faire une idée sur les
possibilités de logement.
Une
fois là-bas, notre fils a pris contact avec nos amis qui l’ont reçu chez eux
avec son épouse.
Et
lorsqu’il m’a passé mon ami au téléphone, avec beaucoup d’émotion retenue, j’ai
commencé par lui demander si ses cheveux ont blanchi.
Et
nous avons parlé, comme si nous étions encore ensemble la veille.
Nos
épouses se sont parlées également bien sûr.
Les
relations vont-elles reprendre ?[2]
BOUAZZA
samedi 16 août 2014
« IL FAUT ÊTRE PRÊT POUR LA MORT COMME POUR LA NAISSANCE »
Driss
Chraïbi,[1] écrivain
d’origine d’Afrique,[2] est arrivé
en France en 1945[3] pour suivre des études
universitaires.
Il
s’est installé dans ce pays et y a vécu jusqu’à la fin de son existence ici-bas,
survenue le premier avril 2007 à l’âge de 81 ans.
Il
avait achevé ses études universitaires en France l’année où ma naissance a été
déclarée au Maroc, pays où sa naissance a été également déclarée vingt quatre
ans auparavant.
Lorsqu’il
avait débarqué en France, il n’avait pas encore vingt ans.
Comme
moi plus tard.
Sa
formation universitaire ne lui a pas servi à faire une carrière
professionnelle.
À
moi non plus.
D’autres
points communs peuvent être cités.
J’ai beaucoup lu cet écrivain.
J’aurais aimé le rencontrer pour échanger de vive voix
sur les croyants et les croyantes.[4]
Cela ne s’est pas fait.[5]
Dans un de ses écrits,[6]
il parle d’un père dans un moment difficile qui dit ne rien avoir à transmettre
à ces deux enfants et ajoute que tout ce qu’il peut faire, c’est de s’asseoir
entre eux sur le canapé.
J’avis sur l’écran de l’ordinateur une photo que je
regardais chaque fois que je faisais marcher cet appareil.
En la regardant, il m’arrivait de penser à l’écrivain.
Sur cette photo, prise durant l’été 1992, je suis sur le
canapé entre mes deux fils que je serre dans mes bras.
Être père est un bienfait qu’Allaah, dans Son Infinie
Générosité, m’a destiné avant même que je ne sois ici-bas.[7]
Je Lui suis reconnaissant et l’invoque pour qu’Il nous
couvre de Son Amour.
Je regardais la photo où apparaît sur le mur, une petite
partie d’une fine couverture blanche avec des motifs où le bordeaux domine et
d’autres traits colorés entre ces motifs.
L’écrivain a-t-il su être père ?
Après sa mort, une de ses petites-filles a déclaré
qu’elle aurait aimé le connaître.
Elle ne l’avait jamais vu. [10]
Il a
beaucoup écrit pour exprimer une sorte de nostalgie de l’enfance et appeler à
se souvenir de Demain.[11]
Quatre
vingt un ans après sa déclaration de naissance, il a été ramené au Maroc après
sa mort, pour y être enterré.[12]
« L’homme
naît, vit ce qu’il vit et meurt. Il faut être prêt pour la mort comme pour la
naissance ».[13]
BOUAZZA
[1]
Idriis Chchraaïbii (les ʺrʺ roulés).
[2]
Maghrib, Maroc ((le ʺrʺ roulés).
[3] Selon
le calendrier dit grégorien.
[4]
Almouminoune wa almouminaate.
[5] J’ai
pris l’initiative, en 1984 je crois, de lui adresser à l’Île d’yeu, en Vendée,
où il était installé, un de mes écrits, auquel il n’a répondu qu’au bout de quelques
mois, après relance, pour dire qu’il fallait ʺélaguerʺ..
J’ignorais lorsque je lui avais écrit, qu’il allait se
rendre au Maroc ─ que j’ai quitté ─ et y être reçu par des ʺofficielsʺ du
régime de l’imposture.
Mon frère aîné, ʺhaut fonctionnaire du ministère de
l’intérieurʺ à l’époque, ayant appris l’envoi de ma part du texte, avait chargé
une de nos sœurs de me contacter pour me demander, de sa part, de ne plus
remettre d’écrit à Chraïbi.
Celui-ci
m’avait avoué que lors de son voyage au Maroc, il avait fait la connaissance de
mon frère aîné.
Je
lui ai écrit, plus tard, dans les années 2000,
à Crest dans la Drôme, au sujet d’un travail à éditer sur
l’accomplissement de la prière en Islaam.
Il
s’est contenté de m’indiquer les coordonnées d’un éditeur au Maroc, que je n’ai
jamais contacté.
J’ai
envoyé par la suite à Chraïbi, un exemplaire de ce travail, édité en 2005, sur
disque compact (CD).
Je
n’ai pas reçu de réponse.
[7] ″Et lorsque ton Seigneur tira des reins des fils
d’Aadame leur progéniture et les fit témoigner contre eux-mêmes : ″Ne suis-Je pas votre Seigneur ?″ Ils dirent : ″Si, nous en
témoignons″
Alqoraane
(Le Coran), sourate 7 (chapitre 7), sourate Ala’raaf, L’Enceinte du Paradis,
Les Limbes, aayate 172 (verset 172).
Il s’agit du fameux pacte pris par Allaah sur la race
humaine dès sa création. C’est un acte de foi et d’allégeance selon lequel les
enfants d’Adame sur lui la bénédiction et la paix, reconnaissent et attestent
qu’Allaah est leur Seigneur-et-Maître en exclusivité et sans restriction
aucune.
Donc chaque être humain est lié à sa naissance par ce
pacte et s’il renie son Seigneur-et-Maître ou Lui donne quelque associé, il a
manqué à son engagement et commis la plus grosse injustice.
Salaah
Addine Kachriid (Salah Eddine Kechrid), traduction du Qoraane (Coran),
Loubnane (Liban), Bayroute (Beyrouth), éditions Daar Algharb Alislaami,
cinquième édition, 1410 (1990), première édition, 1404 (1984), Note en bas de la
page 221.
[8] Dont la femme rurale se pare à certaines occasions, en l’ajoutant au
dessus de ses vêtements, sur ses épaules.
[9] Son existence ici
bas s’est achevée le samedi 28 juin 2008.
Qu’Allaah la couvre de Sa miséricorde.
[10] Je ne sais pas s’il en a d’autres,
ni si ses autres petits-enfants l’ont vu.
[11] Des rythmes qui sont en
moi :
La mémoire résonne au rythme de mots inoubliés.
Rythme qui vient d’avant notre présence ici-bas.
Rythme des couleurs originelles.
Rythme du Sens et du Lien.
Rythme des graines qui germent.
Rythme des invocations.
Rythme de la louange.
Rythme du souvenir de Demain.
Nous sommes à Allaah et à Lui nous retournons.
[12] Á ddar lbida (le ʺrʺ
roulé), la maison blanche, Casablanca.
[13]
Driss Chraïbi (Idriis Chchraaïbii).
Mon
neveu, enseignant universitaire, journaliste, a qui le texte a été transmis
avant d’autres, m’a écrit dans un ʺmailʺ :
ʺMerci
pour ce beau texte sur un écrivain dont, grâce à toi, j’apprécie le style, le
ton et certaines thématiques. Il y a beaucoup de ressemblances entre toi et le
talentueux Driss Chraïbi, notamment le rapport au père, l’exil, le combat pour
la dignité, m^me si je sais que ton itinéraire et tes choix sont beaucoup plus
sincères, beaucoup plus cohérents que lui. Il demeure quand même des zones
d’ombre dans son parcours. Ses rapports avec son père ? Oui, comme toi
avec le tien, ils étaient difficiles, délicats avec, comme on dit, des hauts et
des basʺ.
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